Le nouveau gouvernement de la République Centrafricaine prend forme
Un mois après son investiture pour un troisième mandat présidentiel, Faustin-Archange Touadéra, président de la République Centrafricaine, a dévoilé la composition de son nouveau gouvernement en mai 2026. Cette annonce intervient dans un contexte de continuité politique, privilégiant la stabilité et le renforcement de l'influence de son parti, le Mouvement cœurs unis (MCU).
Reconduction de Félix Moloua et fidélité politique
Le Premier ministre Félix Moloua, en fonction depuis 2022, a été reconduit à son poste par le chef de l'État, une décision qui s'inscrit dans la lignée de la stabilité gouvernementale. Après une démission protocolaire, M. Moloua a été rapidement rétabli dans ses fonctions. Le nouveau cabinet est composé de 29 ministres, dont une majorité de personnalités déjà présentes ou proches du régime. Parmi les dix nouveaux entrants, Évariste Ngamana, figure montante du MCU et ancien porte-parole de la campagne présidentielle de M. Touadéra, a été nommé ministre de la Communication et des Médias, un portefeuille jugé stratégique.
Un Parlement incomplet lors de la formation du gouvernement
La mise en place de ce nouveau gouvernement s'effectue alors que l'Assemblée nationale n'est pas encore au complet. Bien que la huitième législature ait été officiellement ouverte au début du mois de mai, la Cour constitutionnelle n'a pas encore validé les résultats définitifs du second tour des élections législatives. Actuellement, seuls 90 des 144 députés ont été installés, laissant 54 sièges vacants. Ces postes restent en attente de validations juridiques et de l'organisation de scrutins partiels, notamment dans les régions affectées par l'insécurité.
Stratégie de consolidation du pouvoir
La composition de ce gouvernement reflète une orientation claire du président Touadéra : privilégier la stabilité du pouvoir et la cohésion interne. En maintenant Félix Moloua et en positionnant des alliés clés à des postes stratégiques, le président vise à assurer une gouvernance solide pour les défis à venir. Cette approche vise également à rassurer les partenaires internationaux et les bailleurs de fonds, en présentant une administration unie, capable de mettre en œuvre les réformes structurelles nécessaires pour la relance économique du pays.
« Cette équipe gouvernementale, qualifiée de « combat » par les proches du pouvoir, hérite de dossiers socio-économiques urgents. Le contrôle de l'inflation, la relance des recettes douanières et l'extension de l'autorité de l'État dans l'arrière-pays constituent les conditions de survie du régime pour ce nouveau mandat. »
Les défis sont nombreux, notamment la maîtrise de l'inflation, l'accroissement des recettes douanières et l'élargissement de l'autorité étatique sur l'ensemble du territoire. Le choix d'une structure gouvernementale resserrée et fidèle au parti dominant indique une volonté de conduire les réformes sans les contraintes potentielles d'un Parlement fragmenté. La question demeure de savoir si cette centralisation politique permettra de répondre efficacement aux attentes sociales et d'attirer les investissements internationaux essentiels à la reconstruction et au développement de la Centrafrique d'ici 2030.
Source: Le Journal du Congo